UL CGT Grand Grenoble, la lutte des livreurs

130 jours de lutte et d’occupation !

SOUTIEN AUX LIVREURS à VELO et travailleurs.euses occupantes de la Métro de Grenoble, en lutte pour leur relogements !

Historique

Depuis mercredi 19 novembre, plus de 150 personnes occupent les locaux de Grenoble Alpes métropole, avec l’aide du DAL (Droit au logement), un collectif de soutien inter-orga dont l’UL
CGT du Grand Grenoble. Ce sont 150 personnes au total dont 80 à 100 livreurs à vélo, avec leur famille, qui tiennent cette lutte depuis tous ces mois à la suite de leur expulsions.
Les livreurs à vélo sont travailleurs à la tâche pour des revenus de misère, surexploités par des plateformes qui mettent en place un système d’exploitation digne de l’esclavage.
Les livreurs prennent tous les risques, pédalant du matin jusqu’à tard dans nuit, dans le vent, la pluie, la neige, la canicule.

Parmis les occupant.es sont sur représentés les secteurs professionnels aussi essentiels que celui du lien et du soin, de la construction, restauration et autres métiers pénibles mais essentiels …
Au XXI ème, dans notre pays dont les travailleurs.euses n’ont jamais autant produit de richesses, nos camarades sont confrontés au quotidien à la violence et la précarité générée par un système qui favorise l’asservissement des hommes et des femmes et l’accaparement sans limite des toutes les richesses qu’ils.elles produisent. Chacun.e savent ce que c’est que de ne pas avoir un salaire qui permette de vivre dignement, de n’avoir droit à aucune protection sociale, de ne pas pouvoir se nourrir comme il faut ni se loger.

A Grenoble et son agglomération, les livreurs à vélo sont aussi à la merci d’une double mafia :

• celle des loueurs de comptes pour effectuer les livraisons de repas, par lesquels ils sont obligés de passer parce qu’ils n’ont pas de papiers ; rackettés dès l’ouverture ils le sont aussi chaque semaine pour pouvoir le garder actif.

• celle des marchands de sommeil parce que sans papiers et sans revenu suffisant, malgré un travail harassant, ils ne peuvent pas avoir accès à de vrais logements !
Pour accéder à un logement social, il faut être de nationalité française ou avoir un titre de séjour. Là aussi, ils sont rackettés chaque semaine, devant s’acquitter d’une somme déraisonnable en guise de loyer : s’ils ne paient pas, ce sont coupures des fluides, saccage du peu de biens qu’ils ont, tabassage en règle des hommes comme des femmes.
Après la violence des mafieux, ils et elles ont subi la violence de l’expulsion par les forces publiques à la demande d’ACTIS et le mandat de la Préfecture.
Pour préserver les familles subissant la violence des mafieux, ACTIS a décidé leur expulsion plutôt que de s’attaquer à ceux qui ont mis en place ce trafic de chambres dans les logements sociaux!

Ces femmes et ces hommes ne sont pas passifs, ils s’organisent, ils se syndiquent, ils se battent ! Et ils ont besoin de notre soutien !

Nous ne pouvons pas accepter cette uberisation du monde du travail qui nous menace toutes et tous si nous ne la combattons pas !

Nous ne pouvons pas accepter que des travailleurs ne gagnent que quelques dizaines d’euros pour des journées de 10 ou 12 heures au service de plateformes qui font des millions et des
milliards de bénéfices !

Nous ne pouvons pas accepter que des travailleurs et leurs familles soient sans logement pendant que des spéculateurs s’enrichissent de la crise du logement et que les gouvernements
successifs bradent le logement social !

Nous ne pouvons pas accepter que les conditions de travail et les salaires soient tirés vers le bas parce qu’un État au service exclusif des riches, des grands patrons et des marchands de canons, refuse de les régulariser !

Tous travailleurs, tous concernés !

Avec ou sans papiers, avec ou sans statut, tous travailleurs, tous solidaires !

Où en est-on aujourd’hui après 126 jours d’occupation ?

Du début de l’occupation le 19 novembre au 20 décembre, les occupant.es ont tenu une AG chaque soir en présence du DAL, de l’UL CGT, et l’ensemble des militant.es du collectif des
soutiens, il.elles ont monté des délégations pour rencontrer les maires des communes de la métropole. Chaque soir, avec les soutiens, une délégation rencontrait le Vice-Président à la
Métropole en charge de l’Habitat. Les occupant.es ont soutenu toutes les luttes en cours, comme Teisseire, où ils et elles ont pu avoir un court entretien avec Sophie BINET.
Depuis décembre, l’UL GG a obtenu auprès du bailleur ACTIS, un bail précaire d’un local à proximité du site occupé pour monter une cuisine et préparer les repas quotidiennement.

Depuis janvier, les AG se tiennent deux fois à 3 fois par semaine sur le site, les occupant.es continuent les rencontres avec les maires des 15 communes de la métropole grenobloise engagées dans le processus de relogement, et des centres communaux d’action sociale.
Ils et elles négocient les règlements intérieurs des futurs relogements, préparent leur entrée dans les lieux, participent aux manifestations syndicales inter pro : Journée internationale de soutien aux migrants, journée internationale de lutte pour les droits des femmes ; 24/03 pour la journée internationale de lutte contre les discriminations raciales, et le 28/03 avec le DAL pour la lutte contre la baisse du cout des loyers et contre les expulsions…
Ils et elles tiennent des conférences de presse, rédigent leurs interventions pour chaque meeting et délégation au sein des instances politiques, préparent banderoles et slogans pour les manifs, organisent des collages pour rendre visible la lutte toujours en cours.

Aujourd’hui, nous pouvons dire haut et fort que leur lutte a payé car à ce jour, 53 personnes ont pu être relogées, 67 sont en attente d’un relogement validé (retard travaux dans les futurs logements essentiellement) courant avril.
Si 30 personnes restent encore sans solution, les interpellations des élu.es se poursuivent à la suite des élections municipales.
L’AG des occupant.es a décidé de maintenir l’occupation tant que tou.tes n’ont pas l’assurance d’être relogé.es. Leur lutte a payé, et elle peut être gagnante pour toutes et tous ! Il serait dommage, si près du but, que nous ne puissions tenir jusqu’au dernier relogement faute de moyens financiers pour nourrir celles et ceux qui luttent, pour répondre aux besoins des bébés et enfants en lait et en couches.
Cette lutte est exemplaire, puissante et d’intérêt général pour l’ensemble des citoyen.nes/ mal logé.es/ sans abris/ de notre agglomération.
Cette bataille est longue, dure, notamment pour les femmes enceintes à qui rien n’a été épargné. Mais ils et elles sont debout, dignes et d’une ténacité sans faille malgré tout. Leur combativité, leur capacité à organiser cette occupation et l’ensemble de l’organisation qu’elle nécessite doit tous.tes nous inspirer pour les futurs combats à mener pour gagner une société plus, juste, solidaire, où nous arrachons des droits collectifs que l’on soit avec ou sans papier !

L’occupation et la lutte coûtent aux livreurs à vélo qui de fait font beaucoup moins de courses étant donné le nombre de mobilisation et temps pris avec les élus et instances au sein de la
métro.C’est là que nous appelons au soutien de toute la CGT, camarades votre soutien est vital !

Après la victoire pour les relogements, nous pourrons travailler avec eux les questions de régularisation. En se donnant du temps et en s’appuyant sur le réseau d’associations
locales. Plusieurs temps de travail ont déjà été pris sur le sujet et 2 réunions collectives ayant rassemblé les 3⁄4 des occupant.es, les associations et le syndicat CGT des travailleurs sans
papiers se sont tenues en février et mars. Forts de cette lutte nous aurons aussi le souci de maintenir cette organisation et force collective en leur proposant la syndicalisation. La dynamique générée par cette lutte nous permettra aussi de retravailler à une meilleure vie syndicale pour le syndicat CGT des livreurs à vélo constitué en 2023.

La solidarité entre travailleurs et travailleuses CGT doit s’activer à une échelle plus large, car ce qui reste sur la caisse de solidarité ne nous permettra pas de tenir jusqu’à la victoire finale, que nous espérons début mai.

Nous remercions ici les syndicats ainsi que l’Avenir Social (qui a fourni une aide financière de 2000 euros ,intervenu dès le début de l’occupation) qui nous ont déjà versé des dons ayant permis de tenir jusque- là, de soutenir les livreurs qui perdent leurs revenus, d’équiper la cuisine et pouvoir offrir au moins 1 repas chaud par jour au 150 occupant.es ainsi que garantir des produits de 1ère nécessité aux enfants notamment.
Le besoin de soutien humain est également primordial pour les camarades en lutte.

Nous saluons ici les nombreuses initiatives prises par nos syndicats pour rendre concrète la solidarité de notre CGT notre efficacité à agir vite et bien avec ceux et celles qui se battent pour une vie meilleure !

C’est dans la lutte que nous prenons la mesure de la puissance de frappe de notre belle organisation. Merci camarades pour tout le soutien apporté mais nous renouvelons l’appel à soutien pour tenir jusqu’à la victoire finale !

rapport narratif avenir social080126